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05/05/2009

La bibliothèque, lieu de vie culturelle

 

Journée d’étude de l’ABF Rhône-Alpes

Le 27 avril 2009 au Manège (Chambéry)

 

 

I. PERTINENCE DE L’ACTION CULTURELLE EN BIBLIOTHEQUE

 

Introduction générale par Mr Ruffier, maire adjoint chargé des affaires culturelles de la ville de Chambéry

 

Après une présentation des bibliothèques actuelles et futures de la ville, Mr le maire adjoint précise que pour lui, l’éducation artistique et culturelle sont des termes liés. La bibliothèque permet de diminuer la discrimination sociale en servant de médiation et d’accompagnement. Il insiste sur la lutte contre l’illettrisme qui peut occasionner une infirmité sociale.

La bibliothèque évolue dans ses registres documentaires avec l’influence d’Internet qui a entraîné une mutation professionnelle du personnel bibliothécaire.   Malgré tout, Mr Ruffier constate qu’on ne lit pas moins mais que les adolescents doivent être accompagnés pour la lecture d’ouvrages littéraires. La littérature et la poésie sont du domaine de l’artistique. Il faut, selon lui, affirmer cette dimension car « la littérature est un des Beaux Arts. »

Quant aux expositions organisées par les bibliothèques, il préconise de mesurer le professionnalisme  pour répondre à l’exigence du public. La bibliothèque doit permettre l’acquisition et l’appropriation des connaissances, de repères, de références afin que l’œuvre soit en contact direct avec le public.

La ville permet l’articulation entre des différentes instances  concernant les enfants, les adolescents, les personnes âgées et le public éloigné et sert de relais entre toutes les structures institutionnelles.

 

Quelle pertinence ? Quelles traductions dans les faits ?

 

Mme Drognat Noëlle, conseillère pour le livre à la DRAC de Rhône-Alpes, rebondit sur l'intervention de l'élu qui avait souligné combien le terme "action culturelle" pouvait prêter à confusion. Il y a en effet souvent plusieurs réalités différentes sous le terme :

-l'animation culturelle, concept des années 60, destiné à "attirer" le public

-l'action culturelle qui se définit par un programme d'actions construit, se développant dans la durée

-la médiation culturelle qui se caractérise par la conjonction de modes d'action différents, la co-construction de savoirs, des intervenants variés (scolaires, sociaux).

Elle souligne l'importance du sujet, considérant que c'est une question de survie pour les bibliothèques.

Elle s'interroge sur les finalités de l'action culturelle :

-la démocratisation culturelle

-une finalité sociale : la bibliothèque est un espace public de débat, elle est le "lieu des liens" (Robert Damien)

-une finalité stratégique : reconnaissance aux yeux des tutelles et du public. 

On peut emprunter une définition de l'animation culturelle à E. Aziza : c'est la continuation de la documentation par d'autres moyens.

Ensuite, elle nous a présenté un power point sur 3 enquêtes : l'enquête nationale de D. Côme de 2004 sur l'action culturelle intra muros des bibliothèques, puis une enquête de l'ARALD en région Rhône-Alpes sur l'état des lieux des bibliothèques qui est disponible à http://www.arald.org/sbibliotheques.php  

  puis une lecture du mémoire de DCB de G. Tom intitulé "Politiques culturelles départementales et action culturelle des BDP" 2008 disponible sur le catalogue de l'ENSSIB :  www.enssib.fr

 

 

 

La place de la bibliothèque dans l’action culturelle de la collectivité

 

Martine Cribier –Koryza, directrice des bibliothèques d’Echirolles présente les invités : Mr Jean Louis Bernard, sociologue et artiste sculpteur, Mr Cécil Guitart, conservateur de bibliothèque, ancien conseiller pour le livre et ancien conseiller municipal et Mme Piot directrice des Affaires Culturelles de la ville de Feyzin.


 1.Intervention de Jean-Louis Bernard

 

Mr Bernard par son point de vue de sociologue a un regard extérieur qui amène une réflexion plus globale car les références culturelles bougent ainsi que la société. Pour lui, le monde des bibliothèques est en mutation par rapport à la gestion du temps et de la territorialisation. Il se demande pourquoi les bibliothèques ont aussi bien résisté à ces changements. Il émet quelques hypothèses : pertinence sociale, capacité de renouveler les pratiques dans la proximité du public, une question d’héritage ? La politique culturelle se met en place avec 2 conceptions : l’une qui isole l’art, l’autre établissant que la culture fait partie de la vie quotidienne. Le ministère de la culture prend un tournant avec Malraux. Avec les 30 glorieuses, la culture permet une dynamique d’ascension sociale. Avant l’individu était géré par son travail. Maintenant, il gère son temps avec une augmentation de temps disponible pour lui-même et non plus pour la collectivité. C’est une démarche individuelle où il choisit, a ses propres repères, règles à négocier avec son environnement. Cela peut l’angoisser car il n’est pas éduqué par un système scolaire trop normalisateur. Ses  valeurs structurantes du champ libre se basent sur la télévision, les voyages et les vacances qui lui permettent d’acquérir son autonomie. Les institutions culturelles ne répondent plus à ces besoins de culture centrale.

 

Le territoire :

 

Avant, la construction de l’identité se faisait par le travail. Ensuite, par la culture, il y eut aspiration à l’universel par l’état national. Ce temps est quasiment révolu. La culture des œuvres et des comportements permet une affirmation de la diversité culturelle. La décentralisation a entraîné une politique des territoires. Ces derniers sont devenus autonomes et rivaux. Conséquence : attirer l’attention sur soi.

Les territoires sont des lieux ressources. L’instrumentalisation de la culture devient un enjeu politique. Les missions des différents acteurs obligent à travailler avec d’autres professions et donc à une redéfinition des hiérarchies culturelles. On tend vers la grande culture, celle de l’art universel.

 

La bibliothèque :

 

Les bibliothécaires sont les héritiers de l’éducation populaire car ils ont su garder leurs différents partenaires  et être proches du public.

Il faut un espace pour le débat, la critique, qui s’amenuise dans la presse. La consommation culturelle est au même niveau que la marchande et doit libérer la parole.

La bibliothèque est un opérateur culturel où différents acteurs sont confrontés : des musiciens, des sculpteurs, etc. Elle a la capacité de faire rencontrer. 

 

2. Intervention de Mr Cécil Guitart 

 

Un peu d’histoire :

- Après la révolution, les bibliothécaires sont devenus des conservateurs de documents.

- La loi de Ferry et celle de 1901 ainsi que le front populaire ont permis l’apparition de la notion de  « service public de lecture » où le lecteur devient central. Le bibliothécaire devient alors descripteur.

- En 1959, naît le ministère de la culture. L’animation culturelle apparaît et l’intérêt se porte sur le non lecteur. Le bibliothécaire devient prescripteur.

- En 1982, c’est la décentralisation. La bibliothèque s’inscrit dorénavant sur un territoire. Les NTIC font leur apparition. Les bibliothèques entrent dans une phase de maturation de l’information et de la connaissance.

 

La bibliothèque

 

Elle reste en phase.

Après les 30 glorieuses, c’est le temps actuel des 30 douteuses. Viendront celles des 30 lumineuses.

Le rôle de la bibliothèque se situe dans la conservation, dans le descripteur et /ou le prescripteur et en passe de producteur de contenus.

L’influence de la bibliothèque est indirecte dans la politique publique, elle n’est pas assez lisible.

Il faut consolider les moyens au niveau du personnel, des budgets et des bâtiments.

L’enjeu d’être au cœur d’un territoire est compris par la bibliothèque.

L’accès au document a été adapté par les NTIC. Un exemple avec les Points actualité et le Guichet du savoir de la bibliothèque municipale de Lyon.

La bibliothèque légitime l’espace public de la connaissance qui valide les contenus.

 

Le rôle de la bibliothèque

 

Elle doit tout s’approprier mais aussi valoriser le contenu.

Elle doit rester un équipement ouvert, convivial et fréquenté.

C’est par le local, le territoire, qu’elle peut s’en sortir, alors la pertinence de l’action culturelle ne se pose plus.

 

Ouvrages publiés par Cecil Guitart

 

 à la Pensée sauvage :

-Tutoyer le savoir préface de Michel Serres

-Transmettre le savoir préface d'Yves Coppens

 En préparation Droits au savoir et droits culturels

 

En outre aux éditions de l'Attribut à Toulouse La bataille de l'Imaginaire, le fil de la transmission culturelle (va paraître en juin)

Et déjà paru en 2003 aux éditions Bénévent à Nice : L'amour à contretemps

 

3. Intervention de Mme Piot, DAC de la ville de Feyzin 

 

Ville de 10 000 habitants dont 11% du budget municipal est dédié à la culture.

 

Contexte culturel :

 

Après 2002, l’accent a été mis sur la naissance d’une scène actuelle musicale : « l’Epicerie moderne » qui a un rôle de diffusion.

En 2005, à la bibliothèque, nouveau projet avec diversification des supports.

La commande politique depuis 2006 (nouveaux élus) est de faire travailler les différentes équipes ensemble avec une volonté forte de rendre la culture accessible à tous. La commune s’est d’ailleurs inscrite dans la démarche « agenda 21 » plus participative.

La politique culturelle est de s’approprier les enjeux sociétaux et de comprendre le monde actuel.

Les différents services municipaux culturels tels que les écoles, école de musique, bibliothèque, scène de musique actuelle ont tous des cultures professionnelles marquées et différentes. Il s’agit de construire une politique culturelle commune en redéfinissant un projet de service plus tourné vers un développement culturel. 

 

Le projet de service à la bibliothèque

 

-concerne l’accueil du public, le travail interne, l’animation, la bibliothèque hors les murs, la bibliothèque comme lieu de ressources et lieu de vie : thèmes définis par le personnel

- il tient compte aussi des attentes des élus, des autres services et des partenaires locaux (associations).

- il sera validé par les élus qui auront ainsi une sorte de « mode d’emploi » et une meilleure connaissance de cette structure et donc plus de légitimation de la bibliothèque.

Le lieu de concertation dans la ville est en construction.

 

La bibliothèque

 

-         il faut désacraliser la bibliothèque : divers publics pour des pratiques différentes, un contenu diversifié, un public diversifié, des usages diversifiés

-         rechercher les croisements pour créer la rencontre

-         générer une posture professionnelle forte différente basée sur une logique de projets sur le territoire.

 

4. Débat 

 

Commentaires après les présentations des intervenants 

 

-         la bibliothèque en tant que productrice de contenu, compétences insuffisantes du personnel, beaucoup de contrastes.

-         peut-être, faire une répartition des tâches en fonction de la taille de la bibliothèque par rapport à cette production de contenu en rappelant l’exemple du guichet du savoir de Lyon.

-         l’action culturelle est autre chose que l’action bibliothéconomique

 

Réponses des intervenants :

 

-         le travail en « coulisses » (interne) est très important.

-         Mr Guitart avait proposé, pour le développement culturel, que le personnel des bibliothèques travaillant 35h ait 5 heures « mobiles » pour la préparation des actions culturelles afin de mettre de la ferveur dans leur travail. Mais cela n’a pas fonctionné car les élus ont voulu contrôler.

-         Tout est culturel, c’est constitutif du métier mais on fait aussi avec les moyens dont on dispose.

-         Les bibliothécaires sont des exécutants du territoire : diversité car contact avec le public, travail d’anthropologie sur le territoire

-         La bibliothèque est un acteur par rapport à d’autres mais aussi un agent de la politique municipale qui s’inscrit dans une finalité municipale. Cette culture commune est à réactualiser sans cesse.

-         Pour les limites de compétences, la formation est la clé.

-         Une solution de Mr Guitart par rapport aux heures d’ouverture des bibliothèques : inverser la politique de la DGD qui actuellement donne 1/3 pour le fonctionnement et 2/3 pour l’investissement. Cela donnerait plus de moyens pour des vacataires étudiants et consoliderait le fonctionnement.

 

II. Convergences : l’action culturelle dans les bibliothèques, quels enjeux ? quelles compétences professionnelles ? quels publics ?

Table ronde animée par Joëlle Guidez, ancienne directrice des bibliothèques d’Albertville avec Mme Cécile Hauser, conservateur en charge de l’action culturelle à la médiathèque d’Ivry sur Seine, Laurent Blin, service Vie littéraire à Savoie-Biblio, Mme Maïté Calbète, bibliothécaire en charge de l’action culturelle à la BU de Chambéry.

 

Présentation des intervenants :

 

-         Mme Hauser : par rapport à l’action culturelle, la ville d’Ivry (80 000 habitants) a eu la volonté de construire un équipement de 3 500 m² avec un auditorium. L’action culturelle fonctionne par 2 thématiques par an sur 3 mois auxquelles s’ajoutent des thématiques nationales ou communales (sur le film documentaire, la mémoire, etc.)

-         Mr Blin : en BDP, 80% des communes ont moins de 2 000 habitants.

-         Mme Calbète : en BU, il n’y a pas de mission d’action culturelle. C’est un SCD (service commun de documentation) qui concerne une politique documentaire, sur un public visé, donc essentiellement une gestion de collections. Cependant, un groupe d’étudiants par le biais de la bibliothèque participe au festival du premier roman de Chambéry et des « Cause café » sont organisés.

 

Les enjeux de l’action culturelle en bibliothèque ?

 

-         pour la BDP, c’est une commande politique des élus. La bibliothèque doit être un lieu de croisements entre les savoirs. Savoie-Biblio favorise la formation en matière d'action culturelle et propose des outils aux communes comme par exemple Théâtralire qui est une action particulière qui consiste à éditer un catalogue de spectacles de théâtre avec des compagnies locales. elle favorise le rapprochement avec des manifestations existantes telles que "Lettres Frontière", Esperluette à Cluses, prix Rosine Perrier (Hermillon). Enfin, Savoie-Biblio a créé un prix pour les adolescents « AlTerre ado ».

-         pour la BM d’Ivry : l’action culturelle est une mission de chaque bibliothécaire. Elle met en vie la collection en relation avec la charte des collections. C’est la rencontre avec le document, l’auteur, le musicien, etc. Elle permet le rayonnement de la bibliothèque et peut toucher le public qui ne fréquente pas ce lieu facilement. 

 

Les publics :

 

A Ivry, souci premier de s'adresser à tous les publics; les ateliers proposés peuvent mixer les publics adulte ou enfant. Les actions proposées portent sur des sujets différents et les invités sont variés (artiste, écrivain, metteur en scène etc.)

Pour Laurent Blin, la question du public et de ses réactions renvoie encore à la question de la compétence des bibliothécaires et de leur nécessaire formation (par exemple, comment recevoir un écrivain).

Quant à Maïté Calbète, elle souligne que le succès des actions proposées aux étudiants tient surtout à la prescription des enseignants.

 

-         proximité : ateliers pour adultes, enfants : actions en fonction du public

-         action tout public : qui touchent les parents et les enfants

-         club de lecture : le samedi à 10h30, des comédiens viennent lire des extraits

 

Les moyens et les compétences :

 

-         Moyens techniques spécifiques avec l’auditorium, appel à un régisseur professionnel et à des animateurs déambulatoires (comédiens, danseurs, etc.) donc extérieurs au personnel de formation bibliothécaire.

-         Moyens humains : envies de l’équipe, transversalité qui enregistre les conférences, mise en ligne des conférences, des ateliers, édition de livrets ► création de nouveaux contenus mis dans la collection de la bibliothèque

-         Moyens financiers conséquents

 

Evaluation :

-         pour la BDP, formation pour l’accueil des auteurs auprès de l’équipe,  réunions de bilan + questionnaire, la promotion est plus difficile pour les adultes

-         en BU, l’action culturelle entraîne une rupture

-         à Ivry, plusieurs possibilités :

 -relevés de fréquentation (problème avec les ateliers dont les places sont limitées)

 -mise en commun des impressions entre l’équipe

 -mise en place d’une enquête auprès du public sur 3 mois avec une étudiante (dépouillement non encore effectué)

 -retours du public

            Il s’agit de comprendre les freins pour trouver des solutions : processus d’analyse pour mettre en place des éléments de réajustement.

Pour conclure, l’action culturelle est une gestion du personnel qui dépend du dynamisme de l’équipe.

 

A consulter :

 

 

-le site de la médiathèque d'Ivry  http://www.ivry94.fr/culture/mediatheque/

-le site de Savoie-Biblio http://www.savoie-biblio.com/

 

Invité à participer à l'animation de la journée, le duo  "Un,deux,ground", composé des slammeurs Cocteau MotLotov et Lee Harvey Asphalte, nous ont proposé des improvisations brillantes sur le thème des échanges de la journées. Nous vous invitons à en découvrir quelques extraits.

30/04/2009

L'action culturelle en bibliothèque

Notre groupe a tenu sa dernière journée d'étude à Chambéry, dans la salle du Manège, le lundi 27 avril. Sans plus attendre, nous publions l'intervention de Noëlle DROGNAT-LANDRE, conseillère pour le livre à la DRAC Rhône-Alpes, qui introduit le thème de la journée, en s'appuyant sur plusieurs enquêtes menées récemment à ce sujet.

L’action culturelle en bibliothèques :
Quelle pertinence ? Quelle traduction dans les faits ?


Une question de vocabulaire

-« Animation culturelle », « action culturelle », « médiation » : une certaine confusion dans les termes

-De l’animation culturelle à l’action culturelle

Les finalités de l’action culturelle

-Finalité culturelle
mise en contact d’un public, d’œuvres et de créateurs
diffusion des savoirs, démocratisation de la culture, soutien à la diffusion culturelle
-Finalité sociale
la bibliothèque « lieu des liens », centre de vie sociale et culturelle
la bibliothèque espace public de débat
-Finalité stratégique : promotion de la bibliothèque pour le public et dans son environnement
S’affirmer comme un lieu culturel
Améliorer la visibilité de l’équipement
Renforcer sa légitimité auprès de sa tutelle
Outil de développement de la lecture, de recherche de nouveaux publics


Un apporofondissement des missions

-« Offrir du savoir à tous par l’action culturelle, c’est encore agir comme bibliothèque »
-« L’animation est la continuation de la documentation par d’autres moyens »


Etat des lieux : une enquête nationale

Source : Delphine Côme – enquête nationale, automne 2004

Corpus : 239 BM, 70 réponses
- 13 bibliothèques de communes < 20 000 h
- 24 bibliothèques 20 000 à 50 000 h
- 15 bibliothèques 50 000 à 100 000 h
- 18 bibliothèques > 100 000 h
Typologie des actions
Le « répertoire classique »
Expositions 97%
Heure du conte 87 %
Rencontres 57 %
Conférences 55 %
Lectures 54 %
De nouveaux types d’action
Concerts
Projections
Ateliers
Modalités de l’action
93 % des bibliothèques participent à une ou plusieurs manifestations nationales :
- liées au livre : Lire en fête (70%), Printemps des poètes (60%), Belles étrangères, Mai du livre d’art, Semaine de la francophonie ;
-liées au patrimoine : JEP (37%), Mois du patrimoine écrit (27%) ;
-liées à d’autres domaines : Mois du film documentaire (17%), Fête de la science (16%), Fête de l’Internet, etc.

Modalités de l’action
Des partenariats nombreux, principalement locaux :
-Services municipaux 91 %
-Établissements d’enseignement 89%
-Associations 80%
-Autres établissements culturels 74 %
-Autres bibliothèques 44 %
-Autres partenaires 30 %
-Entreprises 14 %
Moyens et organisation
Sur les 70 bibliothèques,
• 42 soit 60% ne disposent pas d’un service dédié aux activités culturelles ;
• 24 ont un service spécialisé (dont 11 services d’animation et 7 services d’action culturelle) ;
• 2 ont deux services différents, l’un étant dédié à l’action hors les murs.
Moyens et organisation
-Budgets : une moyenne de 32 000 €, qui couvre des écarts très importants (de 1500 € à 190 000 €)
-Locaux : 50 % des établissements disposent d’une salle d’exposition, 40% d’une salle dédiée à l’heure du conte, 1/3 d’un auditorium ou salle de conférence sonorisée ; 5 établissements n’ont pas de local spécifique

Etat des lieux : une enquête régionale

Source : ARALD, BML – enquête régionale menée en 2004 (données 2003)
Corpus : 278 bibliothèques de Rhône-Alpes, 229 réponses
Sur 229 bibliothèques, 216 soit 94 % avaient conduit en 2003 une programmation culturelle
Typologie des actions
Une première forme recouvre toutes les animations dans lesquelles le public est convié comme spectateur…
Manifestations « simples » (961 items), dont :
• 483 expositions (50 %)
• 286 spectacles (30 %)
• Conférences, rencontres, débats (20%)
Manifestations « continues » dans 50% des bibliothèques : heure du conte (101), clubs de lecture (71)

…mais la participation active des publics est sollicitée dans de nombreux cas d’actions de proximité :
Ateliers de création
Ateliers à dominante artistique ou manuelle
Ateliers de formation
Jeux (chasse aux livres, parcours littéraires)
Concours (littéraires, de dessin, etc.)

Typologie des actions
Inscription dans des opérations nationales
• Lire en fête 68%
• Printemps des poètes 31%
• Fête de la musique 30%
• Science en fête 16%
• Semaine de la langue française 10%
• Mois du patrimoine écrit 10%
• Mai du livre d’art 5%

Typologie des actions : thématiques
-Questions de société (44 items)
-Littérature et édition (49)
-Découverte d’autres mondes (27)
-Musique (56)
-Cinéma et photographie (19)
-Patrimoine, naturel et historique (41)
-Année de l’Algérie (28)

Modalités de l’action
-Inscription dans des opérations locales : jumelage, contrats de ville, contrats petite enfance

-De très nombreux cycles réguliers d’animation

Les BDP et l’action culturelle

Source : Geneviève TOM, Mémoire DCB 2008 « Politiques culturelles départementales et action culturelle des BDP »
(Données ADBDP 2002)

Moyens et organisation
-79 % des BDP ont un service dédié à l’action culturelle
-En moyenne 2,13 agents sont affectés à l’animation (sur 27,64), quasiment tous de catégorie A (principalement) et B
-Grande disparité des moyens budgétaires consacrés à l’animation (De 0 à plus de 100 000 €)
Typologie des actions
Prédominance des activités autour de la littérature et de l’oralité
-Balades littéraires 5,8 %
-Lectures à haute voix 14,9%
-Lectures publiques 9,6%
-Accueil d’auteurs 16,5%
-Concerts 4,8 %
-Expositions 23,4 %
-Activités contes 17 %
-Autres 7,9 %


Des positionnements antagonistes
-Un rôle d’accompagnement et de soutien au réseau
-Un rôle d’opérateur de politique culturelle

Diagnostics

-un constat : la généralisation de l’action culturelle, « marque d’un approfondissement de l’activité des bibliothèques, dans la droite ligne de leurs missions » (B Calenge, enquête régionale)
-Les bibliothèques se conçoivent comme lieu du croisement du savoir, de l’actualité, du questionnement du monde
-La bibliothèque est perçue comme un lieu de vie culturelle, lieu « naturel » d’action culturelle, par les acteurs locaux
-La diversité des formes mises en oeuvre répond à des besoins et à des pratiques culturelles diversifiées
Questionnements : une légitimité incontestée ?
-La question des moyens mobilisés : l’inscription de l’action culturelle dans la politique d’établissement
-La place du bibliothécaire
-La question des limites
-La question de l’évaluation

La question des moyens
-L’action culturelle reste une activité marginale, souvent « satellisée », isolée dans le projet global de la bibliothèque
-L’action culturelle repose souvent sur "l’ appétence personnelle des agents qui veulent bien s’en charger"

La place du bibliothécaire
Recours fréquent à des professionnels extérieurs :
-Graphistes, régisseurs, scénographes, comm…
-Comédiens, écrivains, universitaires, journalistes, artistes
-Animateurs, médiateurs
Domaine réservé du bibliothécaire :
-Programmation d’ensemble et coordination ;
-Mise en valeur des collections (bbg, sélection et conseils de lecture, etc.) ;
-Heure du conte, rencontres littéraires, clubs de lecture.
La place du bibliothécaire
Raisons avancées :
-manque de compétences en interne
-manque de temps

Un positionnement plus pragmatique qu’idéologique ?


La question des limites :
-Quel rôle spécifique des bibliothèques ?
-La bibliothèque, producteur culturel ?
-L’action culturelle est légitime tant qu’elle prend sa source et son inspiration des collections et services de la bibliothèque
La question de l’évaluation :
-62% des bibliothèques mènent une évaluation de leurs actions culturelles…
-Méthodes : comptages, réunions de bilan, observation des visiteurs, analyses des livres d’or et cahiers de remarques, parfois enquêtes de public, échanges avec le public, fiches-bilan permettant la capitalisation
-Objectifs : améliorer les actions et justifier l’activité auprès de la tutelle
…mais 90% d’entre elles estiment insuffisant leur dispositif d’évaluation, impuissant à rendre compte de l’impact profond de l’action sur les pratiques et le parcours culturel des usagers.
Enjeux :
-Produire du sens
-Positionner la bibliothèque comme un établissement culturel municipal à part entière
Produire du sens :
-Un rôle actif des bibliothèques, un devoir de transmission des contenus
-« engager un travail sur les contenus pour rendre intelligible le sens »
-« promouvoir l’accessibilité culturelle des contenus, en favorisant pour chacun leur connaissance et leur compréhension »
-« un espace de débats, voire de création, où s’élaborent de nouveaux discours »


Un établissement culturel municipal à part entière
une meilleure intégration de la bibliothèque à la politique de la collectivité :

-par l’insertion dans la vie locale et culturelle
-Ouverture vers d’autres services culturels
-Partenariat avec d’autres services municipaux

Donner aux élus le « mode d’emploi » de l’outil bibliothèque
Au cœur des missions ?
-Une construction partenariale
-Une structuration renforcée
en termes de programmation (cohérence, lisibilité, visibilité)
en termes d’organisation
-Une inscription dans la politique globale de l’établissement : vers des chartes d'action culturelle ?

01/04/2009

Journée d'étude sur l'action culturelle en bibliothèque

Nous avons le plaisir de vous annoncer que la journée déprogrammée en 2008 suite aux grèves est reprogrammée cette année.

Vous trouverez ci-joint un détail de la journée ainsi qu'un bulletin d'inscription. Vous pouvez vous préinscrire par retour d'email mais pour des contraintes évidentes pour organiser le repas ces inscriptions devront être complétée par un envoi d'un bon de commande ou d'un chèque de règlement.

LA BIBLIOTHEQUE, LIEU DE VIE CULTURELLE

Journée d’étude
Lundi 27 avril 2009 de 9 h 30 à 16 h

Le Manège à Chambéry

MATINEE : Pertinence de l'action culturelle en bibliothèques9 h Accueil des participants

9 h 30 Introduction générale par le Monsieur le Maire- Adjoint, chargé des affaires culturelles de la Ville de Chambéry

10 h 15 Quelle pertinence ? Quelles traductions dans les faits ?
Noëlle Drognat Landré, Conseillère pour le livre à la DRAC Rhône-Alpes

11 h La place de la bibliothèque dans l'action culturelle de la collectivité
Cecil Guitart, Conservateur de bibliothèque, ancien Conseiller pour le livre, ancien Conseiller municipal ; Isabelle Piot, Directrice des Affaires culturelles de la ville de Feyzin ; Claire Schneider, Directrice des Affaires culturelles de La Motte-Servolex (sous réserve) ; Jean-Louis Bernard, sociologue : table-ronde animée par Martine Cribier-Kozyra, Directrice des bibliothèques d’Echirolles.

12h 30 Buffet sur place

APRES MIDI : Convergences

14h L'action culturelle dans les bibliothèques.
Quels enjeux ? Quelles compétences professionnelles ? Quels publics ?
avec Cécile Hauser, conservateur en charge de l'action culturelle à la médiathèque d'Ivry-sur-Seine, Laurent Blin, service Vie littéraire à Savoie-Biblio, Maïté Calbète, bibliothécaire en charge de l’action culturelle à la BU de Chambéry.

15h 30 Questions / réponses

16 h 30 Synthèse par un invité surprise

17 h Conclusion et fin de la journée


bulletin inscription journée du 27 avril 2009.doc