Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

19/12/2008

La coopération décentralisée

Notre groupe a consacré l'après midi de son assemblée générale à une table ronde sur la coopération en matière de lecture en direction des pays d'Afrique. Nous vous présentons les interventions de cette table ronde et le débat qui a suivi.

Intervention de Monique Ulpat, directrice du Cobiac

Le COBIAC a été créé en 1979 par un groupe de bibliothécaires de la région Paca dans un objectif de coopération. Actuellement, il rassemble 60 à 80 bénévoles et emploie 3 salariés. Ses sources de financement sont la région Paca, le CG des Bouches du Rhône, des collectivités territoriales ; sur projet, il reçoit des crédits européens.
En 1997, à la suite d’une journée sur le don de livres (à laquelle participait notamment Culture et développement), le Cobiac s’intéresse au don de livres . Les livres affluent des bibliothèques et il est impératif de définir des critères de sélection.
Une première expérience de don est pratiqué vers le Rwanda (suite à une demande du MAE), mais il n’y a pas de retour sur l’expérience.
Le Cobiac décide de travailler avec les partenaires de ses financeurs, qui se trouvent principalement dans le bassin méditerranéen.
Il voit vite la nécessité absolue de mettre en place des formations dans les pays qui reçoivent les dons de livres ; ces actions de formation passent aussi par l’accueil de stagiaires dans les bibliothèques partenaires de Paca.
Le Cobiac pratique l’ingéniérie d’accompagnement de projets de bibliothèque et de développement de la lecture dans le cadre international. Il répond à des appels d’offre de formation des pays tiers.
Il est présent dans des salons du livre des pays méditerranéens, en accompagnement de la région Paca.
Son action, actuellement, s’étend sur l’Algérie, le Maroc, la Palestine, l’Egypte, le Congo Brazzaville, le Burkina Faso , la Grande Comore et le Laos.
La solidarité fait partie des objectifs du Cobiac, qui se soucie de l’ensemble de la chaîne du livre (même réduite) dans les pays où il intervient : il ne se contente pas d’acheminer ou acheter des livres en français, mais aussi des livres dans la langue d’origine, ou bilingues et de préférence acheté sur place : par exemple dans le projet de bibliothèque à Bethléem, les ouvrages ont été achetés dans des librairies de Ramalah ou Bethléem.
La solidarité n’exclut pas le professionnalisme, mais en veillant à ne pas imposer des règles bibliothéconomiques qui ne sont pas adaptées.
Actuellement il y a une trentaine de bibliothèques qui sont adhérentes, qui font du don de livres ou s’investissent dans les activités de l’association, notamment l’accueil de stagiaires.


Nous vous présentons d'abord l'intervention de François Taisne , bibliothécaire à la médiathèque municipale de Saint-Etienne, à propos de l'action de l'association MALIRA.
08_12_15_malira_IMG_7145 copie.jpg

MALIRA : Mali / Rhône-Alpes est une association dont l’objet est le développement de la lecture au Mali, dans la région de Tombouctou, par la création et le soutien de bibliothèques scolaires de village.Email0004bibl de Madiakoye.jpg
L’association Créée en 2001 reçoit des subventions de la région Rhône-Alpes et de la ville de Bron où elle a son siège.
Elle constitue les collections de documents en fonction des besoins exprimés par les populations : ouvrages de littérature africaine et de vulgarisation scientifique pour la jeunesse et pour adultes, édités en France ou en Afrique en privilégiant les acquisitions auprès des libraires et éditeurs maliens. Elle participe à la formation initiale des enseignants-bibliothécaires.
Pour faire vivre le livre, Malira a organisé deux fêtes du livre : à Tombouctou en 2004

chameau_bibliotheque.jpg
et à Rharous en 2006 en partenariat avec une association locale.Email0001 Fête du livre de Rharous.jpg
Malira est éditeur d’un imagier en tissu imprimé à la Comatex de Ségou. Durant les fêtes du livre, les ateliers d’écriture et d’illustration réalisés par Jean Yves Loude et Christian Epanya ont donné naissance à 2 livres : « Douk le malin » édition Donniya de Bamako et « Lettres de Tombouctou et de Gourma Rharous » coédité par Donniya et La Passe du vent.

Francisco d’Almeida : Culture et développement

Il précise d’emblée que le don de livres n’est pas uniquement constitué par des ouvrages désherbés ; C et D s’efforce aussi de procurer des fonds aux bibliothèques pour acheter sur place. Mais il y a de nombreux obstacles :
- la production locale est souvent insuffisante
- il n’existe pas de bibliographie locale
- les éditeurs n’ont pas de catalogues.
- Les bibliothécaires ne savent pas ce qui paraît.
L’édition locale est le plus souvent subventionnée : aussi, travaille-t-elle surtout en direction de ceux qui la subventionnent (l’université, les classes moyennes) et ne peut fournir tous les besoins de la population.
Il faut donc combiner plusieurs solutions :
- le désherbage des bibliothèques
- l’achat sur place
- l’achat « au nord ».
Néanmoins, ce qui est donné en matière de livres est souvent en décalage avec les besoins. De plus, dans les pays africains, la bibliothèque n’est pas perçu comme un lieu d’information pour la population : il faut travailler à la faire connaître et reconnaître (par exemple en travaillant avec les radios locales).
C et D souhaite travailler sur des publics spécifiques et créer des fonds spécialisés pour eux : par exemple des élus locaux, des agents municipaux des services d’hygiène etc.
Pour remédier aux manques de l’édition locale, C et D envisage de favoriser la co-édition avec des centres de formation, afin de procurer la documentation nécessaire.
Enfin, le développement d’internet permettra peut-être de pallier des manques de l’imprimé.
Francisco d’Almeida insiste sur l’isolement dont souffrent les bibliothécaires des pays africains : ils sont isolés et abandonnés par les élus locaux : il est donc primordial de développer tout action d’accompagnement et de compagnonnage.
Pour finir, ne pas oublier que l’échange implique les partenaires, de part et d’autre et que les bibliothèques françaises peuvent s’investir pour mettre en valeur les partenaires du sud en faisant connaître leur culture.


Débat

Le désherbage des bibliothèques est-il encore utile ?
Cobiac : Oui, car quand il n’y a rien, le don est utile ; il peut constituer un effet d’entraînement , mais dans tous les cas il doit répondre à un besoin.
C et D : oui, le don est encore utile, notamment pour la production documentaire. Il y a une demande de livres de la part de pays de l’Europe orientale et centrale ; quant à l’Afrique, C et D envisage de travailler à des fonds spécialisés.
Il y a des interrogations au sujet de la banque du livre ; du fait de la diminution de ses subventions, C et D envisage d’abandonner la gestion de la banque du livre qui pourrait être reprise par les collectivités. Les bibliothèques y sont très attachées, et actuellement elle continue ses activités au moins jusqu’au printemps.
Malira : beaucoup de livres arrivent dans les pays du sud, y compris des livres neufs, mais il y a un grand manque de coordination dans leur distribution et cela se fait le plus souvent au détriment de l’édition et librairie locales.
M. Ulpiat cite le cas du Maroc où Hachette est en train d’implanter des librairies qui concurrencent directement la librairie locale.
C et D : En Afrique, les autorités nationales ne jouent pas leur rôle, notamment dans l’organisation de la distribution du livre. Il y a un grand manque de cohérence : souvent les livres ne sont pas là où il devrait être : ce qui est donné n’est pas au bon endroit.
Une solution pourrait être de créer des banques du livre dans les pays du sud pour réguler la distribution.

Que peuvent faire les bibliothèques françaises ?
Accompagner des bibliothèques du sud, notamment en faisant de la formation sur place, ou en accueillant des stagiaires.
M. Ulpiac relate l’expérience que mène actuellement le Cobiac avec la région d’Alger où un réseau de 23 bibliothèques est géré par un organisme, Art et Culture. Des échanges ont eu lieu : 2 représentants d’Art et culture sont venus en France, et des représentant du Cobiac sont allés en Algérie où ils ont rencontré le personnel des bibliothèques ; le Cobiac a pu constater que cette rencontre avait déjà eu des retombées sur les pratiques des bibliothécaires vis-à-vis du public ; une formation du Cobiac est aussi prévue pour ces bibliothécaires.
La présence sur le terrain et la continuité de l’action sont des éléments clés de la réussite des projets.

Que recouvre le terme « bibliothécaire » dans les pays du sud ?
Des réalités très différentes ; il existe très peu d’écoles de bibliothécaires .
Dans les pays du Maghreb, il y a des documentalistes qui ne sont pas formés pour l’accueil du public.
En Afrique subsaharienne, il existe des écoles de bibliothécaires ( notamment à Dakar), mais ceux qui y sont formés restent dans les admnistrations centrales et ne sont pas sur le terrain.
Souvent ce sont des enseignants qui s’occupent des bibliothèques (à Tombouctou, ils ont quelques heures de décharge pour le travail de la bibliothèque).
Beaucoup de programme bilatéraux avec la France portent sur ces questions de formation, y compris de bénévoles.

Pour finir, Francisco d’Almeida nous informe que la Commission nationale de la coopération décentralisée a décidé d’une étude sur la place du livre dans les actions de coopération décentralisée des collectivités territoriales. Un colloque national sur ce sujet se tiendra à Grenoble en juin 2009.

26/10/2008

Visites de bibliothèques à Lyon

Le groupe régional de l'ABF vous propose une journée de visites de bibliothèques à Lyon, le jeudi 13 novembre 2008.
Voici en avant programme le contenu de ces visites, qui marient milieu universitaire et lecture publique, et vous proposent la découverte d'équipements importants et récents.

Matin : visite du site de Gerland : bibliothèque universitaire, bibliothèque de l'Ecole Normale Supérieure, bibliothèque de l'Institut National de la Recherche Pédagogique

Après midi : visite de la médiathèque du Bachut, nouvel équipement du réseau des bibliothèques municipales de Lyon

Notez dès à présent cette journée sur vos agendas.
Nous vous communiquerons dans les prochains jours le programme précis et l'organisation matérielle de ces visites.

09/10/2008

Journée professionnelle

Dans le cadre d'Esperluette, Salon du Livre de Cluses, qui se tient du 20 au 23 novembre 2008, Esperluette et Savoie Biblio vous proposent une journée professionnelle le jeudi 20 novembre au Parvis des Esserts sur le thème : L'Amour : une littérature passionnelle ?

Dans les livres comme dans la vie, l’Amour n’est pas toujours un sentiment facile à exprimer ; d’autant qu’il se mélange souvent au désir, à la sexualité, ou au regard des autres... Cette journée proposera trois temps forts de réflexion autour de cette thématique et permettra de s’interroger sur la place de l’Amour dans la littérature jeunesse, l’image du roman d’amour et de celles et ceux qui en lisent, et l’évolution de la thématique amoureuse en BD.

> Public : Bibliothécaires, médiateurs du livre, enseignants, professionnels de la petite enfance (PMI, crèche, etc...), éducateurs et animateurs sociaux, etc. Toute personne intéressée par le sujet.



Vous souhaitez participer à la journée professionnelle ?

Imprimez le bulletin ci-dessous et renvoyez-le dûment rempli à :
Savoie-biblio - Centre d'Annecy - BP 42 - 74 371 Pringy cedex

programme journée pro.pdf

inscription journée pro.pdf

affiche-esperluette (2).jpg