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16/01/2010

Notre assemblée générale au Rize

Lundi 12 janvier 2010 l'assemblée générale du groupe ABF Rhône-Alpes a élu sa présidente et son nouveau CA.
 
Ont été élus comme membres du CA :
                                                                                                                                  Maurice BALMET
                                                                                                                                  Christine COLAS
                                                                                                                                  Elsa CHAMPEY

CA-4.jpg

 

Christophe COUPAUD

Lionel DUTRUC

Pascale FONTENILLE

Pascale GALESNE

Nathalie GERFAUD-VALENTIN

Claudie GRIS

Pascale HALLE

François MARIN

Christian MASSAULT

Mathilde PEYROU

Cécile PY

Éric THEVENARD 
 
Composition du bureau :

Cécile PY (présidente)
Christine COLAS (Vice-présidente)
Lionel DUTRUC (Trésorier)
Maurice BALMET (Trésorier-adjoint)
Pascale GALESNE (secrétaire)
Elsa CHAMPEY (secrétaire-adjointe, communication et liaison avec l'ABF)
Nathalie GERFAUD-VALENTIN
 
 

christine_colas_intervention.jpgRapport d'activités 2009, présenté par Christine Colas

Le groupe Rhône Alpes

Il comptait en 2009 148 adhérents, dont 16 collectivités.

Nous avons  organisé, comme cela était annoncé lors de notre précédente assemblée générale, deux journées d'études.

La 1ère a porté sur « La bibliothèque, lieu de vie culturelle » ; cette journée avait été annulée l'année précédente  à cause d'une grève des transports . Nous avons pu la reprogrammer à Chambéry le 27 avril 2009. Journée aux contenus intéressants pour laquelle on peut regretter toutefois une participation trop faible.

La 2e s'est déroulée en octobre, accueillie par la nouvelle médiathèque de Bourg-lès-Valence le 19 octobre 2009 ; elle était consacrée au « Livre à l'heure du numérique. Usages en bibliothèques » ; les participants sont tous tombés d'accord sur l'intérêt et la richesse des exposés et débats, sur un sujet d'une brûlante actualité.

La question est posée de la fréquentation de ces journées d'étude ; la conjoncture actuelle n'est pas très favorable ; les formations initiales des personnels ont été revues à la baisse même s'il existe désormais une formation prévue pour les agents de catégorie C ; de nombreux agents des collectivités territoriales s'inscrivaient à nos journées d'étude dans le cadre de leur FIA : c'est terminé. Du côté de la formation continue, on peut craindre aussi un ralentissement, malgré le DIF, du fait des conditions budgétaires peu favorables.

Le prochain CA devra certainement réfléchir au devenir des journées d'études ; pour le groupe c'est une activité essentielle, qui lui donne de la visibilité et peut aussi être une source de revenus. La seule en fait, puisque il n'y a plus de formation d'auxiliaire en Rhône Alpes, et qu'il semble difficile de réactiver un centre de formation dans notre région, malgré les demandes du Bureau national.

 

Par contre, nous n 'avons pas réalisé le projet de voyage à Strasbourg, bien que le contenu et l'organisation en aient été quasiment finalisés. En effet, nous avons renoncé à proposer un voyage dont le coût pour les participants était assez élevé puisque le groupe ne pouvait pas prendre en charge une partie du coût comme cela avait été le cas pour la Finlande.

Pour ce type de projet, nous avons un réel problème de financement ; il faudrait pouvoir obtenir des subventions , mais la conjoncture n'est pas très bonne, là non plus !

Pour ces activités  nous sommes souvent pris de vitesse, regrettant de ne pouvoir faire connaître plus vite nos propositions afin de toucher un public plus nombreux ; il y a sûrement une marge d'amélioration, mais n'oublions pas que le groupe est animé par des bénévoles, qui font au mieux !

 

Le CA s'est réuni régulièrement : le 2 février à Bourgoin- Jallieu, le 6 avril à Villeurbanne, le 25 mai à l'Enssib, le 14 septembre au Musée de Grenoble et le 30 novembre à Oullins. Plusieurs collègues sont entrés par cooptation dans le CA ce qui nous a permis de compenser certains départs.

Comme présidente, j'ai assisté au séminaire des groupes qui s'est tenu à Nancy les 10 et 11 janvier 2009 et aux 4 conseils nationaux.

 

L'ABF nationale

Le Congrès national a eu lieu à Paris du 11 au 13 juin avec un grand succès, comme à chaque fois que le congrès se déroule à Paris. Le groupe a accordé 2 bourses pour des adhérents.

Deux textes importants ont été présentés au Congrès, issus de la réflexion des groupes pendant le séminaire : ils vous ont été envoyés et nous pourrons en discuter .

La baisse du nombre d'adhérents semble enrayée en 2009, néanmoins les chiffres ne sont pas encore à la hausse , donc poursuivons nos efforts pour faire adhérer les collègues.

Le projet de nouveau site web de l'ABF a enfin abouti avec sa mise en ligne en décembre 2009. Si vous ne l'avez déjà fait, je vous invite à le découvrir !

 

Arrivée à la fin de mon mandat de présidente je remercie les collègues du CA ; j'ai eu du plaisir à les retrouver régulièrement pour des séances de travail, sérieuses mais faisant aussi la place à la convivialité. J'accompagnerai encore le groupe pendant quelques mois, et je me réjouis que le flambeau passe à une jeune collègue pleine d'audace (puisqu'elle a accepté sans tergiverser de se présenter) et qui saura, j'en suis certaine faire souffler un vent de nouveauté dans notre groupe.

 

maurice_balmet.jpgRapport financier présenté par le trésorier Maurice Balmet 

 

Au 31décembre 2009, nous avons sur le compte de la banque postale un solde créditeur de 4492,49 EUR.

Cette somme de 4492,49 EUR correspond aux nombreuses opérations positives et négatives de cette année 2009,  année charnière d’une comptabilité nouvelle des groupes régionaux liée aux derniers statuts de l’association.

En effet, le 1er janvier 2009, le groupe Rhône-Alpes avait en caisse la somme de 15361,34  EUR. Comme convenu lors des précédentes décisions du Conseil National de l’ABF, les groupes régionaux ne doivent plus posséder de réserves importantes et ainsi chaque groupe ne peut posséder qu’un maximum de 7000 EUR de réserve.

De ce fait, nous avons reversé la différence de 8256,94 EUR à l’association au début de cette année 2009.

Nos activités principales de cette année 2009 ont été l’organisation de 2 journées d’étude.

La 1ère journée intitulée : « La bibliothèque, lieu de vie culturelle » à Chambéry le 27/04/2009  se présente ainsi :

nous avons dépensé 1993,10 EUR (frais de traiteur, slameurs, frais de déplacement des intervenants) et nous avons récupéré 2030 EUR dont 1100 EUR du National pour régler la prestation des slamers (cette somme est versée sur la comptabilité de 2010).

La 2 ème journée intitulée : « Le Livre à l’heure du numérique », organisée à Bourg-les-Valence le 19/10/2009 présente une comptabilité suivante :

- les dépenses se sont élevées à la somme de 1334,65 EUR (traiteur, boisson, déplacement des intervenants)

- en ressource, nous pouvons espérer récupérer la somme de 960 EUR (il reste quelques factures encore non réglées par certaines collectivités).

En règle générale, les journées d’étude s’autofinancent même si cette année ce n’est pas tout à fait le cas, en particulier, pour la dernière journée (peut-être pas assez de participants et aussi des frais d’intervenants assez élevés).

Il faut aussi noter que le groupe Rhône-Alpes a pris en charge 2 boursiers pour le Congrès de Paris en juin 2009.

Nous rappelons que les conditions sont les suivantes :

- être adhérent à jour de cotisation ;

- être de catégorie B ou C ;

- 4 prises en charge maximum par groupe.

L’inscription est prise en charge par l’ABF nationale, les frais de déplacement, d’hébergement et de repas par le groupe.

Ainsi, cette prise en charge de 2 boursiers s’élève pour cette année à 883,75 EUR.

Les autres dépenses de cette année 2009 sont principalement des frais de gestion du groupe (frais de tenue de compte, assurance MAIF, frais de déplacement et de repas des membres du Conseil d’administration).

Toutes ces dépenses ne sont pas négligeables et, par exemple, pour les frais du Conseil d’administration, nous constatons :

- dépenses repas : 627,70 EUR (5 repas en 2009) ;

- frais de déplacement : 418,70 EUR

soit une dépense de 1046,40 EUR qui ne peut être compenser par aucun apport.

Il faudra voir à plus ou moins long terme si le groupe pourra prendre en charge de tels frais même si ces dépenses nous semblent nécessaires pour un Conseil d’administration convivial et attractif.

De même pour les boursiers, peut-on prendre en charge une telle somme chaque année sans compensation financière ?

En apport, nous avons reçu, en novembre 2009, la somme de 1112,55 EUR correspondant à la quote-part des cotisations de l’année 2009 et calculée au prorata des adhérents du groupe. A noter que cette année, le groupe Rhône-Alpes a 141 adhérents au lieu de 126 en 2008 + 16 collectivités.

Voici ce que nous pouvons dire sur les finances du groupe Rhône-Alpes à ce jour. Il me semble important maintenant de réfléchir ensemble sur les projets et les perspectives pour l’année 2010. Ce bilan financier apparaît assez négatif et le nouveau Conseil d’administration devra faire des choix et proposer des projets qui nous permettent au groupe Rhône-Alpes de réaliser des actions attractives et conviviales.            

           

                                                                        

 

 

 

 

discours_cecile_py.jpgRapport d'orientation 2010 prononcé par Cécile PY notre nouvelle présidente

Bonjour à tous

L’exercice est nouveau pour moi mais je vais m’efforcer d’être à la hauteur de l’équipe précédente. Et tout d’abord, en mon nom personnel bien sûr, mais aussi au nom de l’ensemble du CA nouvellement élu, veuillez recevoir tous les vœux de saison : santé, prospérité et de nombreux projets tant professionnels que personnels !

 

Pour ce qui concerne les activités habituelles du groupe, nous continuerons bien sûr à proposer des journées d’étude, très appréciées et souvent très denses et très riches, et nous nous attacherons à concrétiser des projets de voyages d’études à l’étranger, peut-être moins fréquents mais plus ambitieux. Il nous faudra pour cela le temps de prendre nos marques pour bien comprendre les implications financières pour le groupe.

 

Tout d’abord, la prochaine journée d’étude, déjà programmée, s’attachera aux questionnements d’actualité autour du développement durable. Elle est déjà fixée au 29 avril 2010, le lieu reste à déterminer, peut-être à Saint-Etienne (cité du Design, bâtiment HQE).

Si nous avons la chance de pouvoir mener le projet de voyage d’étude comme nous l’envisageons, ce serait peut-être Alexandrie…

 

Mais avant de succomber aux délices de l’Orient, il nous faut rester dans un terre à terre ici et maintenant. Un des objectifs principaux de ce CA, en partie renouvelé, sera de gagner de nouveaux adhérents pour que, ensemble, nous puissions faire avancer la réflexion sur les évolutions de nos métiers. A repenser donc, la communication de notre groupe, pour une meilleure visibilité des actions qui sont proposées.

 

Partage, échanges, et bien sûr, convivialité seront les maîtres mots de notre action !

 

Merci de votre attention.

 

Après le déjuener, nous avons eu le plaisir de visiter, sous la conduite de son directeur, le Rize, centre mémoire et société de Villeurbanne, qui rassemble une médiathèque, les archives municipales, une salle de spectacle et un lieu d'exposition.

Voici quelques photos de la médiathèque.

mediatheque_2.jpgmediatheque_1.jpgmediatheque-3.jpg

 

 

 L'après midi a été consacré à une intervention de Georges PERRIN, inspecteur général des bibliothèques, qui a porté sur la situation des bibliothèques aujourd'hui.

 

 portrait_georges_perrin.jpg

BIBLIOTHEQUES : OUVERTURE ET TERRITOIRES

 

 

La mort des bibliothèques n’est pas encore définitivement annoncée. Elle est toutefois envisagée par les Nostradamus du savoir et de la culture. Tout concourt à rendre plausible cette issue fatale : la virtualisation croissante des espaces et supports de la connaissance, les nouvelles pratiques sociales ou plutôt de moins en moins sociales et de plus en plus personnelles et individuelles d’appropriation de la culture, la globalisation de la recherche, entre autres.

 

Mais pour réfléchir de façon prospective au profil qu’auront les bibliothèques dans un avenir plus ou moins lointain, il faut commencer par analyser l’état actuel de nos bibliothèques, prises dans le tourbillon d’une multiplicité d’évolutions qui ne sont pas seulement techniques. Quels constats pouvons-nous donc faire aujourd’hui tout d’abord sur l’état général de nos bibliothèques ?

 

Au risque de contredire bon nombre de collègues, nos bibliothèques sont aujourd’hui dans un état de relative aisance matérielle. Pour qui les a connues il y a encore 20 ans, il est possible de se réjouir des considérables progrès accomplis, grâce aux efforts conjugués de l’Etat et des collectivités territoriales. Quelques faits et chiffres attestent de ce formidable bond en avant accompli depuis le milieu des années 1980 jusqu’à aujourd’hui : 2,5 millions de m² de bibliothèques publiques construits grâce au concours particulier de la DGD, dans les plus grandes capitales régionales comme dans les plus petites communes de nos départements ; un effort plus modéré, mais proportionnellement aussi important de construction de BU,  des plus prestigieuses universités aux implantations des antennes universitaires délocalisées ; près de 30 000 agents qualifiés ; des collections  en expansion, qui permettent aujourd’hui le plein développement de véritables politiques documentaires ; un équipement informatique complètement achevé et perpétuellement mis à jour ; etc.,etc.,

 

Certes, les budgets de fonctionnement apparaissent toujours insuffisants, notamment les budgets d’acquisition. Mais, là encore, la comparaison avec les réseaux étrangers, ne nous est pas toujours défavorable. En tout cas, partout en Europe, la crise se fait aujourd’hui sentir, et il n’a échappé à persdonne qu’en Grande-Bretagne, dès 2008, la fermeture, c’est-à-dire la mort définitive d’un certain nombre de bibliothèques communales a été programmée. A ma connaissance,  ceci ne s’est pas encore produit dans l’hexagone. Mais qui sait ?

 

Si l’on examine chacune des catégories de nos bibliothèques, comment peut-on aujourd’hui les caractériser, en apprécier l’état et les évolutions ? Nous verrons ceci sous le double prisme de leur efficience par rapport à leur public et de leur rayonnement sur le territoire, non seulement celui qui leur est strictement imparti par les missions qui sont les leurs, mais l’espace plus large de leur environnement administratif, social et professionnel.

 

 

 

 

 

BIBLIOTHEQUES : PRATIQUES PROFESSIONNELLES ET USAGERS.

 

Les Bibliothèques départementales :

 

Nul ne peut contester le gigantesque effort réalisé par les conseils généraux pour développer et maintenir des réseaux de lecture publique de mieux en mieux adaptés à la réalité géographique de leur milieu d’exercice. Au cours de ces 20 dernières années, grâce aux bibliothèques départementales, les réseaux n’ont cessé de se ramifier, de se consolider matériellement par la création de nombreuses bibliothèques municipales dotées d’au moins un professionnel et d’un budget d’acquisition dans les petites communes. Ils se sont aussi renforcés professionnellement, grâce à la formation des correspondants des relais, à l’accroissement des collections. De sorte que ces bibliothèques départementales ont vu évoluer leur rôle de strict fournisseurs et diffuseurs de documents, en celui de véritable centrales départementales de coopération et de développement de la lecture. Ainsi, 25 ans après la décentralisation, on constate une très nette amélioration de la couverture du territoire,  et une très significative augmentation du nombre de lecteurs.

Mais il reste que de nouvelles questions se posent de façon assez cruciale sur l’évolution actuelle de ces bibliothèques. Celles-ci, entre autres :

   Quid du tournant, certes difficile à prendre, de la virtualisation des collections ? On sait que de toutes les catégories de bibliothèques, ce sont les BDP qui, pour des raisons structurelles, sont le moins engagées dans l’acquisition et dans la pratique de la documentation électronique. Qui donc aujourd’hui, dans les territoires ruraux, réduira désormais les distances et rapprochera le savoir des usagers : Internet ou la bibliothèque départementale ?

·         Quid de l’avenir de services qui sont nés du modernisme que représentait l’automobile dans l’après-guerre, et qui sont désormais soumis aux exigences des réductions de consommation de ressources énergétiques, donc de circulation ? Il est peut-être urgent de reconsidérer les modes pratiques de circulation des documents dans le réseau.

 

Comme nous le verrons tout à l’heure, les bibliothèques départementales sont les plus « accrochées » au territoire. Elles avaient été créées pour l’investir. Grâce aux plans de développement départementaux de la lecture publique, elles participent aujourd’hui, souvent seules et toujours en première ligne, à l’aménagement culturel de ce territoire. C’est d’ailleurs cette position qui commence à poser problème, comme nous le verrons plus loin.

De plus en plus de moyens mis en œuvre, pour desservir une population en décroissance. De plus en plus de kilomètres à parcourir, dans une perspective de réduction de la consommation d’énergie. La mission et les modes de fonctionnement des BDP seraient-ils entrain de devenir doucement obsolètes ?

 

La carte à jouer concrètement par les BDP ne serait-elle pas celle du lien social, celle de la multiplication des lieux de rencontre culturels et d’échange, en complément de leur rôle de centrales de coopération ?

 

 

Les bibliothèques municipales :

 

Nul ne contestera non plus l’expansion considérable des bibliothèques municipales des grandes et moyennes communes. La politique volontariste de l’Etat, initiée dès le milieu des années 1980 a porté ses fruits. Quel est aujourd’hui le maire qui n’a pas tout fait pour utiliser le concours particulier de la DGD pour doter sa ville d’un équipement culturel dont tous les chiffres attestent qu’il est encore de nos jours le plus fréquenté ?

 

Toutefois, depuis le début des années 2000, les statistiques montrent que les courbes de fréquentations ont tendance à baisser. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette lente désaffection :

·         L’évolution des pratiques culturelles, de plus en plus le fait d’une consommation individuelle, de moins en moins connectée au livre et à la lecture.

·         Une pratique professionnelle devenue presqu’exclusivement technique : la perfection des catalogues, l’automatisation des tâches (qui laissent en plan une partie des personnels), le maintien d’une organisation interne du travail héritée des années 1980-1990, et qui reste très cloisonnée, c’est-à-dire peu mutualisée,  la grande promesse de la numérisation : tout concourt à accroître la distance des professionnels des bibliothèques municipales avec leur public.

·         Ceci se traduit par le volume restreint des horaires d’ouverture (moyenne nationale : - de 20 heures par semaine ; 30 à 40 heures pour les BM des villes moyennes et des grandes villes). Ce phénomène est très contradictoire avec la persistance d’un discours encore militant qui ne cesse d’énoncer la nécessité de conquérir de nouveaux publics. Conquérir de nouveaux publics : oui ! mais quand ?

Comme on peut mourir guéri, aurons-nous, dans certaines villes de France des bibliothèques très bien tenues, aux collections équilibrées, aux catalogues parfaits, aux magasins dépoussiérés, mais aux salles de lecture désertées ? Sur cette question, une littérature commence à s’accumuler, dont je vous invite à prendre connaissance.

 

En résumé, nous dirons qu’aujourd’hui, c’est sur le réseau des BM que l’obsolescence du modèle des bibliothèques est le plus visible. Et pourtant, elles ne manquent pas d’atouts : ce sont les bibliothèques les mieux dotées en personnel qualifié (même si le taux d’encadrement est loin d’être satisfaisant) ; leur baisse de fréquentation n’est peut-être qu’apparente, dans la mesure où les chiffres répertoriés se limitent généralement à l’inscription et aux prêts, sans tenir compte du seul chiffre des entrées, plutôt en hausse. Elles restent encore, malgré tout, les équipements culturels les plus fréquentés de France.

 

Sans doute faut-il que les responsables des BM se saisissent plus hardiment de toutes les réflexions et expériences en cours, et suscitent un mouvement au sein des équipes municipales et des équipes de leurs bibliothèques, pour ouvrir localement des pistes d’évolution.

 

Sans doute convient-il également de hâter la nécessaire réforme de la formation permanente et de ses contenus, et de les axer davantage sur les publics et leurs pratiques, sur l’environnement administratif, social et culturel des bibliothèques que sur la perfection des techniques bibliothéconomiques. Il y a là de très vastes champs à explorer pour cesser de continuer à vivre sur l’acquis et pour inventer l’avenir.

 

Les bibliothèques des universités :

 

On parle peu des progrès pourtant importants réalisés par les bibliothèques universitaires depuis la publication, il y a 20 ans, du rapport Miquel. Même si on reste loin des préconisations ambitieuses de ce rapport, un effort important de construction a été initié, dans le cadre du plan Universités 2000 d’abord, dans celui d’U3M ensuite. Il devrait se poursuivre grâce au plan Campus. Un effort de remise à niveau des collections a été également entrepris, quelque peu contrebattu depuis le début des années 2000 sur le plan budgétaire, par l’apparition et le développement exponentiel de la documentation électronique. Enfin, un mouvement important a été accompli pour compléter le personnel très insuffisant de ces bibliothèques.

 

Toutefois, malgré ces efforts et ces gains, malgré la maîtrise aujourd’hui absolue de la documentation électronique qu’ont acquise ces services, on note encore dans de nombreuses universités, l’attention toute relative que portent les autorités universitaires au  secteur documentaire. Le développement des bibliothèques universitaires, même s’il a réjoui touts les usagers des universités, s’est fait de manière un peu séparée des autres activités de la vie universitaire, et le nouveau contexte administratif (la loi LRU) fait craindre le pire à nos collègues. On croit reconnaitre les craintes éprouvées par nos collègues de la lecture publique il y a 25 ans, à la veille de la décentralisation.

 

Mais ces bibliothèques ne sont pas sans atout pour l’avenir immédiat, ni pour l’avenir à moyen ou à long terme. En effet, leurs professionnels ayant acquis une solide connaissance et une parfaite pratique de la littérature électronique, sont reconnus, au sein de leurs universités, comme formateurs pour la recherche et la veille documentaire. Ils leur reste à se faire reconnaître comme partie prenante et compétente de la collecte, de la conservation et de la diffusion des cours en ligne.

 

Les bibliothèques universitaires non plus n’échappent pas aux évolutions des pratiques de leur public. Elles sont désormais considérées par les étudiants comme un des rares lieux de vie des campus : lieu de rendez-vous pour le travail en groupe, ou tout simplement pour la rencontre, lieu de travail, lieu de consultation des écrans, lieu de récupération (sommeil), lieu d’attente, etc. Pour s’en convaincre, il suffit de constater l’importance de la pression des étudiants en médecine pour des ouvertures généralisées en soirée.

 

 

BIBLIOTHEQUES ET TERRITOIRES : UNE PROBLEMATIQUE

RENOUVELEE.

 

En cette année 2010,  et pour les toutes prochaines années, aucune catégorie de bibliothèque ne peut échapper au nécessaire questionnement de son implantation territoriale. Deux réformes actuellement en cours sont lourdes de conséquences sur l’organisation territoriale des bibliothèques : la réforme des collectivités territoriales, et la mise en œuvre de la loi sur les libertés et responsabilités des universités.

 

La réforme des collectivités territoriales :

Aujourd’hui à l’état de projet de loi, cette réforme, qui doit être achevée au 1er janvier 2014, prévoit un certain nombre de mesures qui vont avoir de nombreuses incidences sur le fonctionnement des bibliothèques territoriales :

-          Le renforcement et la rationalisation de l’intercommunalité : toutes les communes devront avoir rejoint une intercommunalité. Dans la mesure où toutes les communes seront intégrées dans ce paysage, où situer désormais le niveau décisionnaire, celui où se déterminera la volonté d’ouvrir une nouvelle bibliothèque ? Dans la mesure où l’intercommunalité se donnera la compétence culturelle et celui de la gestion de la lecture publique, quel sera le poids d’un conseil municipal qui souhaite voir sa commune dotée d’une bibliothèque ? Continuerons-nous à assister à ces incohérences, sinon politiques du moins administratives, qui consistent à confier à la communauté d’agglomération ou de communes la gestion de la bibliothèque centrale tout en laissant à la ville centre la gestion des annexes  comme à La Rochelle ou à Rennes ? Les bibliothèques départementales devront-elles abandonner aux bibliothèques intercommunales la desserte des communes intégrées dans des intercommunalités à dominante urbaine ? Les responsables des réseaux de lecture publique vont devoir rapidement se concerter pour déterminer une position commune sur ce sujet.

-          Le regroupement des départements et des régions : le regroupement de certains départements entre eux, et celui des régions entre elles sont fortement recommandés, même s’il est prévu qu’ils se fassent sur le mode du volontariat. Quid des bibliothèques des départements fusionnés ? Où se détermineront les plans de développement de la lecture publique ?

-          La création des conseillers territoriaux : Ceux-ci, élus sur une liste unique département- région, seront amenés, pour les premiers de la liste, à participer à la gestion des deux instances territoriales. Sous le couvert d’une gestion politique concertée, et donc plus  synergique, les professionnels des bibliothèques départementales ont déjà perçu le danger d’une disparition des financements multiples, en provenance des différentes collectivités, sources jusqu’ici de partage des responsabilités d’investissement pour les équipements. Le risque est réel pour la poursuite du développement matériel des réseaux de bibliothèques.

 

Quoi qu’il en soit, cette réforme que le Président de la République et le gouvernement sont pressés de voir aboutir, aura une incidence certaine sur une inévitable réorganisation des réseaux de lecture publique.

 

Mais, cette politique territoriale de la lecture publique croise parfois la politique documentaire des universités. On n’a pas oublié les implantations de documentation universitaire dans les bibliothèques municipales : à Valence, à Blois, à Digne, entre autres. Mais un bilan a-t-il jamais été réalisé de l’impact et de l’efficience de ces implantations ?

 

Les PRES et la loi LRU :

En 2003, l’apparition du classement de Shanghaï a contraint les universités à s’interroger sur l’impact de leur recherche, et par ricochet, sur  leur visibilité au niveau mondial. De ce constat, assez négatif, et des états généraux de la recherche en 2004, est née l’idée de regroupements par site de la recherche universitaire.

 

C’est cette idée qui s’est traduite dans la loi de programme de la recherche du 18 avril 2006, qui porte création des pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES). Ils sont aujourd’hui au nombre de 15, et le principe de base de leur constitution reste le regroupement territorial des unités d’enseignement supérieur (Ecoles et universités). Ainsi, après la première expérience des pôles universitaires européens, conduite dans les années 1990, se développe, fortement encouragée par l’Etat, une politique de développement des réseaux territoriaux d’universités. Un premier bilan de l’activité et de l’impact des PRES sera fait à la fin de cette année.

 

La logique de ces regroupements peut désormais avancer vers une réunion complète des universités d’un même site. Déjà réalisé à Strasbourg, ce type de  regroupement est projeté à l’horizon 2012 à Aix-Marseille, Lille, Montpellier et Nancy-Metz.

 

Ceci a, bien évidemment un impact direct sur l’organisation documentaire des universités concernées. Déjà les universités de Bordeaux et de Toulouse ont confié la coordination de leur documentation à leur PRES respectif, et les Services Communs de Documentation de Strasbourg goûtent progressivement aux délices de la fusion.

 

Mais la grande affaire des universités, depuis l’année 2007, c’est la mise en œuvre de la loi sur les libertés er responsabilités des universités (LRU). Pour la dimension territoriale du problème qui nous occupe, cette loi a une incidence très importante : en effet, l’accès aux responsabilités et compétences élargies fait obligation aux universités d’assumer pleinement la gestion de leur parc immobilier, ce qui, jusqu’ici, n’était pas dans leurs habitudes, ni dans leur savoir-faire. Il faut prendre en compte la réalité d’un nombre important d’implantations géographiques de toutes natures et de toutes dimensions. Rares sont ces implantations dépourvues de bibliothèques ou centre de documentation. Jusqu’à une époque récente, on comptait  plus de 300 implantations géographiques de BU sur l’ensemble du territoire. Plus récemment l’intégration des IUFM dans certaines universités a complexifié un peu plus leur réseau documentaire. Elles devront désormais compter avec cette dispersion, la gérer, voir la modifier, sans doute la réduire ou la simplifier.

 

Enfin, ces récentes évolutions, qui impliquent désormais complètement les universités et leurs bibliothèques dans une politique de territoire, les obligent à entrer dans une relation beaucoup plus étroite avec les collectivités territoriales, dont nous avons vu, par ailleurs, qu’elles vivent dans la perspective d’une profonde réforme organisationnelle.

 

 Cette relation avec les collectivités territoriales est déjà ancienne, et il suffit d’évoquer tout l’intérêt que portent depuis les années 1970, les villes, et surtout les villes moyennes, au développement des universités. On ne compte plus les bâtiments rénovés et aménagés offerts par les communes aux universités pour favoriser leur déconcentration. On peut également rappeler les implantations des antennes de bibliothèques universitaires dans les bibliothèques municipales.

 

De plus certaines régions, telles l’Ile-de-France ou Rhône-Alpes, participent activement au développement des universités et au fonctionnement de leur services de documentation, non seulement par leur participation aux investissements dans le cadre des CPER, mais par des politiques particulières. Ainsi, à titre d’exemple, la région Ile-de-France apporte, pour la deuxième année consécutive, une aide au financement des contrats de moniteurs étudiants pour l’extension des horaires d’ouverture des BU.

 

Ceci va dans le sens de la réforme des collectivités territoriales qui prévoit pour les régions une compétence exclusive dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la formation en général.

 

 

BIBLIOTHEQUES  PUBLIQUES ET UNIVERSITAIRES : LE FUTUR D’UNE      COOPERATION .

 

Ce tour très général des bibliothèques universitaires et des bibliothèques de lecture publique, de leur état actuel, des problématiques auxquelles elles sont mêlées aujourd’hui, incite à penser qu’elles ont peut-être plus de points communs qu’il n’y paraît au premier examen, et qu’elles ont sans doute intérêt à se concerter et à envisager des coopérations plus franches pour préparer l’avenir.

 

Cette coopération, comme nous allons le voir, elle existe déjà. Elle s’organise et se développe  généralement sur un même site. Mais elle a souvent posé problème.

 

De l’histoire antérieure de la coopération, il existe deux versants : celui de la réussite probante, et celui de la juxtaposition inefficiente.

 

Au titre des coopérations qui ont marché et marchent encore, je me permets de citer, et je serais coupable de ne pas le faire, l’expérience des pôles associés à la BnF. Ils sont nés d’une série d’idées simples, telles celles-ci :

-          conjuguer le savoir-faire des bibliothèques universitaires en matière de politique documentaire, et notamment de constitution de collections, et celui des bibliothèques municipales dans le domaine de l’accueil et des service au public.

-          étendre à l’ensemble des bibliothèques le bénéfice de la coopération initiée en lecture publique dans les années 1980.

-           faire émerger et valoriser au niveau national les fonds particuliers ou spécialisés des bibliothèques municipales et des CADIST, complémentaires des collections de la BnF.

 

Cette coopération a débuté à partir de l’élément le plus commun et le plus basique de toute bibliothèque : les collections. Elle s’est étendue depuis lors à d’autres domaines et au partage en complémentarité de certaines politiques : conversion rétrospective des catalogues ou numérisation de certains fonds patrimoniaux.

 

Ce qui a fait le succès et assuré la pérennité de cette coopération, c’est évidemment la présence active du puissant fédérateur qu’est la BnF, et des moyens financiers et techniques qu’elle met en œuvre pour soutenir et développer ce réseau. Mais, pour avoir été l’un des initiateurs de cette politique, et plus tard un bénéficiaire,  j’ai la secrète vanité  de penser qu’elle a permis aux professionnels de nouer localement des relations de travail très prometteuses, et notamment de se faire reconnaître localement par leurs autorités respectives.

 

Mais, dans le cadre des coopérations sur site, je voudrais brièvement évoquer deux expériences récentes et deux projets qui pourraient être considérés comme des prototypes de coopération pour l’avenir.

La première expérience concerne la mutualisation d’accès aux catalogues des bibliothèques municipales et universitaires de Limoges sous la forme d’un portail commun : MADUVIL. Ce dernier permet pour tout usager, de localiser le document qu’il recherche, et d’en connaître les conditions d’accès et la disponibilité. Ultérieurement, il permettra l’intégration et la mise à disposition des données numériques des deux établissements, pour l’ensemble des usagers de Limoges. Ce portail a vocation à accueillir d’autres catalogues en provenance d’autres bibliothèques de la région

.

De plus, les deux bibliothèques coopèrent pour le traitement bibliographique de la bibliothèque du grand séminaire de Limoges, au terme d’un héritage partagé de ses collections.

 

Le cas de Troyes est également intéressant. En effet, l’Université de Reims, qui dispose d’une antenne délocalisée à Troyes, finance des contrats de moniteurs étudiants pour aider la BMVR à ouvrir le dimanche, ce dont les premiers bénéficiaires sont… les étudiants.

 

Sans vouloir développer outre mesure ici la délicate et récurrente question de l’accueil des étudiants dans les BM, il me faut tout de même l’évoquer, puisqu’il s’agit aussi d’un problème d’ouverture.

 

Certaines BM et non des moindres persistent à se plaindre de l’envahissement de leurs locaux et de leur places assises par les étudiants, et se réjouiraient sans doute de pouvoir les chasser, afin, disent-elles, d’accueillir d’autres publics.

 

Je me permets de poser la question : est-ce que le bannissement d’une catégorie de public favorisera nécessairement l’arrivée d’autres catégories de publics ? Peut être convient-il de s’interroger sur modalités d’accueil du public (pertinence des horaires d’ouverture et des services offerts) avant de jeter l’opprobre sur une partie de ce public qui a le mérite d’être fidélisée.

 

De plus, cette attitude est le signe d’une méconnaissance profonde de l’image que le public se fait de la bibliothèque, et de la trajectoire naturelle qui conduit l’étudiant de la BM à la BU et inversement.

 

Une étude réalisée conjointement au début de cette année par l’IGEN et l’IGB montre que pour l’étudiant primo-entrant à l’université, le passage du CDI de son lycée à la BU est d’une extrême difficulté : méconnaissance des codes de fonctionnement de l’université, manque de pratique par rapport à une offre documentaire riche et organisée. Les étudiants qui s’approprient le plus facilement les lieux et les collections de la BU sont ceux qui fréquentaient auparavant leur bibliothèque municipale, et la trajectoire est directe de l’une à l’autre. Que manque-t-il à l’étudiant de premier cycle, dans une bibliothèque municipale de grande ville où il peut trouver une place pour travailler,  les collections de référence utile à son travail, et la possibilité de passer à tout moment du travail au loisir ?

 

De ce point de vue, l’expérience conduite actuellement à Cergy-Pontoise, réunissant l’ensemble des responsables des bibliothèques du Val d’Oise est très intéressante. Il faut d’abord faire état d’un contexte exceptionnel en matière de bibliothèque. En effet, le Conseil général du Val d’Oise a créé un portail pour l’ensemble des bibliothèques présentes sur son territoire, toutes catégories confondues. Ce portail, baptisé REVODOC, répertorie la totalité des ressources documentaires de 135 bibliothèques : 122 BM, 12 Bibliothèques d’enseignement supérieur (Université de Cergy et écoles) et la Bibliothèque Départementale du Val d’Oise. Ce portail permet à tout lecteur, quel que soit son lieu de résidence, de faire venir dans la bibliothèque où il est inscrit, le document qu’il a pu localiser grâce au portail. Sous- jacent à ce principe de fonctionnement, un système efficace et rapide de circulation des documents a été mis en place, sous la double forme de l’envoi postal et du recours à la navette automobile.

 

Dans ce contexte, où toutes les bibliothèques, mais également toutes les collectivités territoriales, l’université et les grandes écoles sont activement partie prenante,  la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise lance actuellement une étude pour connaître les besoins et les pratiques des étudiants de l’université de Cergy et ceux d’autres universités résidant à Cergy, en matière de bibliothèque. Bien évidemment, le comité de pilotage de l’étude regroupe l’ensemble des directeurs de bibliothèques présentes sur le site de Cergy. L’objectif de cette étude consiste à harmoniser les politiques d’accueil des étudiants, tant sur le plan des horaires d’ouverture, en travaillant à leur complémentarité, que sur les collections et les services au public.

 

Puisse cet exemple être suivi en de nombreux endroits où les ressources documentaires et les modalités d’accueil du public mériteraient d’être harmonisées. Le cas de Cergy-Pontoise, et plus largement du Département du Val d’Oise et les résultats déjà manifestes de cette coopération, montre bien l’intérêt qu’il ya pour l’avenir à inscrire les bibliothèques publiques et universitaires dans une logique commune de desserte du territoire

 

Le dernier projet que je souhaite évoquer ici participe de la même logique. Il s’agit de celui de la médiathèque centrale de Brest, pôle documentaire municipal et universitaire. Pour le détail, je vous renvoie à l’excellent article d’Alain Sainsot et Nicolas Galaud, paru dans le n° du BBF consacré à la construction des bibliothèques, paru en 2007. Je voudrais juste mettre en exergue ce qui me semble en faire un projet exemplaire :

-          Au départ, il s’agit de construire en centre ville une grande bibliothèque universitaire répondant aux besoins des 5000 étudiants présents sur le site. Dès l’origine de ce projet, la ville de Brest souhaite s’associer à l’université pour réaliser elle-même la grande centrale de lecture publique dont elle ne dispose pas encore. (Le seul hiatus dans ce double projet, qui prévoit une surface totale de 14 000 m², c’est le phasage dans le temps des 2 projets : l’université souhaite, en effet,  ouvrir sa bibliothèque en 2008, alors que la ville prévoit d’ouvrir la sienne en 2011).

-          Très vite apparaît la nécessité de ne pas cantonner cette double réalisation sur un même lieu de 2 bibliothèques à une simple économie de réalisation. Bien qu’il soit prévu dès l’origine que chaque bibliothèque sera gérée et  fonctionnera de façon autonome, il est envisagé d’articuler les politiques documentaires (échanges de collections) et d’harmoniser les modalités d’accueil des publics, prévoyant la gratuité réciproque d’accès aux espaces et aux services des 2 bibliothèques à toute personne inscrite dans l’une ou l’autre de ces bibliothèques. Ainsi, la mutualisation des salles de lecture permettra de mettre à la disposition de toutes les catégories de public 1000 places de travail ou de lecture. Seront également mutualisés la salle des périodiques et des références, les espaces d’animation, et la salle de formation à la recherche documentaire.

-           

De l’aveu même des responsables de ce projet, la coopération entre les deux entités a été facilitée, et est apparue d’emblée comme naturelle, du fait de la participation active et ancienne des deux bibliothèques au pôle associé brestois à la BnF.

 

Grâce à cette entente préalable, et à une pratique éprouvée des relations professionnelles, grâce également au recours à un architecte qui s’est déjà illustré dans les constructions de bibliothèques (BM de Poitiers, BU de Besançon et du Mans), le projet brestois se présente essentiellement comme un exemple de pragmatisme qui pourrait ou qui devrait faire école.

 

Ces deux derniers exemples tendent à prouver que chaque territoire est à même de trouver les solutions les plus adaptées à sa configuration et à ses publics. Peut-être faut-il désormais se dire qu’à l’avenir, du fait de cette adaptation aux exigences du territoire et  dans le respect des fondamentaux, chaque réseau documentaire sera unique en son genre, en tous cas, moins parcellisé et moins  standardisé que nos bibliothèques d’aujourd’hui.

 

Cette intervention a été suivie d'un échange avec la salle portant notamment sur la stagnation de la fréquentation des bibliothèques municipales. La discussion a porté sur les moyens d'augmenter les horaires d'ouverture des bibliothèques (problème d'organisation plus que d'effectif selon Georges Perrin) et sur la notion du coeur de métier, qui reste encore trop tourné sur la technique (catalogage, collections) et pas assez sur l'accueil du public. D'où l'importance de faire évoluer la formation des bibliothécaires pour une meilleure prise en compte des enjeux prioritaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

06/01/2010

La nouvelle médiathèque de Bonneville

bibliotheque_de_jour.jpgcrédit photo Pierre Vallet

Grand équipement culturel, la médiathèque de la Communauté de Communes
Faucigny Glières baptisée « Henri Briffod » (1913-1987, conseiller général,  conseiler régional,député de Haute-Savoie), a pour objectif de créer une véritable dynamique autour du livre et de la lecture et de participer au développement culturel
du territoire. Elle complète ainsi le réseau existant de bibliothèques locales en
proposant sur 1300 m2 réservés au public, 32 000 livres, 2500 CD musicaux, 700 DVD et
150 CD-Rom. Lieu de convivialité et d’échanges, la médiathèque est composée de quatre
espaces : les secteurs jeunesse, adulte, musique, cinéma et multimédia. La
médiathèque joie la carte du multimédia qui représente lus que jamais l’avenir en
permettant un apprentissage au public des nouvelles technologies de l’information et
de la communication. Enfin, la médiathèque assurera un rayonnement culturel
conséquent sur l’ensemble du territoire en accueillant de nombreuses expositions et
animations tout au long de l’année.

Ouverte depuis le 7 octobre 2009, elle connaît un franc succès puisque depuis son
ouverture, elle comptabilise 795 nouveaux inscrits en plus des 1500 fidèles de
l’ancienne bibliothèque. A titre de rappel, les travaux de la médiathèque avaient
démarré en décembre 2006 et leur réception a été prononcée en avril 2009 en dépit du
retard pris sur les fondations. Il a fallu plusieurs mois à l’équipe de la médiathèque
pour déménager des anciens locaux et être opérationnels pour l’ouverture. La
Médiathèque a été inaugurée officiellement par le président de la CCFG et député
maire de Bonneville, Mr Martial Saddier, le 12 décembre 2009.
La médiathèque et son offre documentaire viennent en complément du
réseau existant des bibliothèques de Contamine sur Arve, Petit-Bornand Les Glières et
Vougy. Ces bibliothèques travaillant en réseau avec la médiathèque. Enfin, il convient
de préciser que les scolaires bénéficient de créneaux réservés à leur attention chaque
semaine. La médiathèque vient ainsi s’inscrire dans les parcours culturels d’éducation
artistique.

crédit photo Pierre Valletbibliotheque_de_nuit.jpg

    La médiathèque de la Communauté de Communes Faucigny-Glières est implantée
au coeur de la ville centre de l'intercommunalité, rue des Carroz, à Bonneville, dans
l'une des premières rues piétonnes du centre ville.

D'une superficie totale de 1320 m2, le bâtiment est composé de deux étages
principaux et d'un espace en sous-sol

La médiathèque est composée de trois étages :

• Au sous-sol : salle d'exposition, magasin de stockage des documents, local
informatique, locaux techniques et espace de stockage de matériel (tables,
chaises, expositions).
• Au rez de chaussée : espace musique cinéma, espace jeunesse, atelier de
traitement des documents.
• Au premier étage : espace multimédia, espace actualités, espace adulte et
bureaux (sectoriels, salle de réunion, direction, salle de repos).

Fréquentation depuis ouverture

· Les abonnés
La médiathèque compte aujourd’hui 2339 abonnés.

Parmi ces 2339 abonnés, 1763 habitent une des communes de la CCFG
(Ayze, Bonneville, Brison, Contamine sur Arve, Petit-Bornand Les Glières,
Vougy. 568 habitent à l'extérieur. En plus de ces abonnements des
particuliers, 70 groupes (écoles ou associations) sont abonnés.

Cependant, depuis l'ouverture il y a eu 967 nouveaux inscrits.

· Les Prêts
22 175 documents ont été prêtés et enregistrés depuis l’ouverture dont
281 CD Roms, 2109 CD de musique, 16080 livres, 1952 exemplaires de
revues et 1753 DVD.


Le personnel de la médiathèque

Agents professionnels équivalent temps plein répartis par domaine
de compétence de la manière suivante :

• Direction : 1 bibliothécaire cadre A ;
• Adjointe à la direction et responsabilité du secteur adulte : 1
assistante de conservation cadre B ;
• Responsabilité du secteur jeunesse : 1 assistant qualifié de
conservation du patrimoine et des bibliothèques cadre B ;
• Gestion des fonds musique et cinéma : 1 assistant de conservation
du patrimoine et des bibliothèques cadre B (depuis le 5 octobre
2009) ;
• Gestion courante du secteur jeunesse (accueil, renseignements,
animations pour adolescents, aide aux expositions et accueils de
classe) : 1 agent du patrimoine catégorie C;
• Gestion courante du secteur adulte (accueil, renseignements,
animations pour les lycéens, aide aux expositions) : 1 agent du
patrimoine catégorie C à mi-temps ;
• Accueil, standard, gestion des périodiques : 1 agent du patrimoine
catégorie C (depuis fin septembre 2009)
• Equipement des documents : 2 agents du patrimoine à mi-temps
catégorie C.

Les espaces de la médiathèque

L’Espace Multimédia : la médiathèque compte 5 postes dotés d'un accès internet, leur utilisation est
soumise à acceptation d'une charte multimédia.

L'espace multimédia offre les services suivants :

• Possibilité de rechercher des informations sur Internet
• Utilisation des boîtes de messagerie traditionnelles (consultation et envoi de
courriels)
• Possibilité d'imprimer le résultat des recherches ou du travail effectué :
l'impression de documents est possible mais payante

• Possibilité de consulter les CDRom pré installés ou des ressources en ligne
accessibles depuis le portail documentaire (revues notamment –en cours de
finalisation-).
• Possibilité d'utiliser les logiciels de bureautique disponibles sur les ordinateurs :
l'utilisation d'une clé USB est autorisée. Leur utilisation est réservée à la
réalisation de travaux personnels destinés à un usage privé.
Des formations à la recherche documentaire et à l'utilisation du portail documentaire
de lamédiathèque sont mises en place tous les mois.

La médiathèque est dotée d'un point d'accès WIFI permettant aux possesseurs
d'ordinateurs portables de se connecter à l'Internet sans fil. 

Un logiciel de gestion de ressources électroniques (Sézhame EPM de la société
DECALOG) permet de gérer les temps de connexion, les impressions de documents et
offre aux usagers la possibilité de disposer d'un espace de travail personnalisé sur les
postes de la médiathèque.

En complément de cet espace multimédia la médiathèque dispose de 5 autres postes
informatiques à destination du public. Ils permettent de consulter le catalogue (2
OPAC au secteur adulte, 1 OPAC au secteur jeunesse, 1 OPAC à l'espace musique) ou
prochainement des ressources dématérialisées (CdRoms et ressources en ligne).

· L’Espace Musique et cinéma
Sont regroupés au sein de ce nouvel espace sonorisé l'ensemble
des documents portant sur la musique et le cinéma.·Partie 5: Les actions culturelles et animations

Afin de proposer une offre élargie en matière de culture, la médiathèque comporte
une salle d'animation de qualité qui permet de favoriser l'accès à toutes les formes
d'expression : exposition, rencontre d'auteur, théâtre, Conférence,... Elle vise
également à être un partenaire privilégié des établissements culturels, des
associations, des écoles, etc.


Architecture de la Médiathèque de la Communauté de
Communes faucigny glières


La médiathèque a été réalisée par le cabinet Didier Onde.
1 -Descriptif technique de la médiathèque
La médiathèque de la CCFG est un équipement à la fois sobre et chaleureux. Les matériaux
utilisés sont de qualité (bois, lino, pierre naturelle), et le choix des couleurs de base (gris au
sol, blanc et du bois en faux plafond) est traité de manière contemporaine. Le rez-de chaussée
en raison de son lino rouge est rehaussé pour mettre en avant le secteur jeunesse.
Sur l’ensemble du bâtiment, on trouve des frises avec des codes couleur par secteur, tout
comme sur la façade vitrée extérieure de la médiathèque. L’extérieur largement vitré de l
médiathèque est orientée de manière à n’avoir que peu de soleil direct, ce qui permet aux
espaces d’être baignés par la lumière sans agressivité pour autant. Les espaces sont alors très
confortables et invitent les lecteurs à s’installer. Enfin, le mobilier, choisi avec soin, s’inscrit
dans ce même mouvement indémodable et contemporain que le reste du bâtiment. Les
luminaires apportant une touche d’originalité à cet ensemble harmonieux.
Un soin particulier a été pris pour tous les aménagements menuisés (porte, banque d’accueil,
sphère).


Concernant les aspects environnementaux :
Le chauffage fonctionne uniquement par une pompe à chaleur sur le circuit d’adduction
d’eau potable ( captant les calories). Sur le même principe, le bâtiment est rafraichit en été
avec le captage des frigories.

Données financières sur la Médiathèque

Coût global médiathèque : 7 millions 470 000 euros

Ce montant englobe le coût correspondant à la totalité du bâtiment, y compris les
logements, le mobilier…
Subventions de la part de l’Etat (DRC), du CDRA, du centre national du livre, du conseil général.


Budget consacré aux acquisitions sur l’année 2009 :

-30 900 euros pour les livres ;
-50 000 euros pour les CD de musique (44 000 euros pour la constitution du
fonds, 6000 euros pour les dernières nouveautés) ;
-22 400 euros pour les DVD ;
-6000 euros pour les Cdroms ;
-7400 euros pour les abonnements aux revues.


Soit un total de 116 700 euros consacrés à l’achat de documents.